Le Languedoc d’Olivia Ruiz

A l’occasion des 10 ans de Version Femina en avril dernier, Olivia Ruiz nous a raconté sa région du Languedoc.

Une interview dépaysante et intimiste qui donne des envies d’évasion, et de profiter des vacances pour découvrir cette région qui lui sied si bien.

« Dès que le train entre en gare, ça y est, je sais que chez moi, c’est là. Je le ressens même physiquement dès que je vois la garrigue, les vignes et que je sens le vent. C’est rassurant, je sais que je suis à la bonne place, là où il faut que je sois quand j’ai besoin de me retrouver. Quand je reviens chez moi, la petite fille, l’adolescente et l’adulte que je suis se reforment. Quand je reviens, je refais corps avec la terre. J’y suis enracinée. Je parle plus fort, l’accent revient très fortement. C’est aussi le vent qui conditionne tout ça. Il y a quelque chose de fiévreux dans le cers. J’adore ce vent ainsi que le côté très fouillis de la garrigue. Tu te sens tout à coup à ta vraie place d’être humain, à la merci de la nature, tu dois composer avec et pas la brutaliser. Ça m’a forgé un caractère et un tempérament car il faut se battre. Je me sens vraiment la fille du vent. »

Ce qui n’est pas sans rappeler la 12e chanson de La Femme Chocolat dont je ne peux m’empêcher de fredonner le refrain en lisant ces lignes…

Je suis la fille du vent
Qui traverse les montagnes
Je tourmente les passants
En faisant voler les pagnes
Je défie tous les courants
Toutes les stars de cocagne
Qui passent en rêvant
De platine et de champagne

« Encore aujourd’hui, j’adore mordre du fenouil sauvage. J’ai l’impression d’avoir 8 ans. Il y en avait plein et, dès que j’ouvrais le portail, le premier truc que je faisais était d’en prendre. Dès que je sens cette odeur, ça y est, c’est reparti, je suis à Marseillette ! Quand je reviens, je reste chez moi. Pour être sûre de voir toute la famille, je fais des grandes tablées chez ma maman tous les soirs. La journée, je vais voir une mamie, puis une autre, des potes qui ne bougent pas trop car ils ont des enfants, sinon, le soir, je reste exclusivement chez ma mère. Je rentre à Paris avec la verveine bio de mon papa, le thym, le romarin, le persil. Même mes potes parisiens ont du persil de Didier Blanc dans le congélateur ! Ou bien sa verveine citronnée. Normal, c’est une terre nourricière. Mon attachement à ma région va au-delà de ma famille. Même si elle ne vivait plus là, je continuerais à y aller. Quand j’arrive, je prends toujours plein de photos, je suis grave ! J’ai besoin d’en avoir quand je m’éloigne. »

Sur les bords du canal du Midi à Marseillette

« Je me baigne vers Narbonne-Plage, à Saint-Pierre-la Mer, à Gruissan. Mes tantes ont des maisons là, donc je suis sûre d’y trouver directement la moitié de ma famille. Quand je n’ai que trois jours en été, ça m’évite de faire trop de trajets. Je les vois tous à la plage. C’est vrai que je passe du temps dans ma bagnole quand je descends là-bas. »

Gruissan, qu’ Olivia Ruiz a déjà mis à l’honneur en choisissant une photo prise sur ses plages  pour la couverture de son livre l’Oiseau Piment.

Julia
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