Le Télégramme.com- 19 février 2013

Olivia Ruiz. « Je peux aussi être très sanguine »

Olivia Ruiz est de retour avec « Le calme et la tempête », n’hésitant pas à y rouler les « r » pour honorer ses origines espagnoles. Avant ses concerts à Brest, jeudi, et à Rennes, le 16 mai, l’artiste évoque la composition de son album, ses voyages, ses rencontres étonnantes.

La tournée débute tout juste. Quelles sont vos premières impressions ?
C’est génial de retrouver la scène et d’être venue à bout de ce spectacle très ambitieux. Ce que j’aime, c’est voir l’émerveillement sur le visage des gens dans le public et c’est quelque chose que l’on a rencontré lors des cinq premiers concerts.

« Le calme et la tempête », était-ce votre état d’esprit au moment de l’écriture de l’album ?
Ce sont surtout les deux émotions avec lesquelles on doit se débrouiller pour se réaliser, avec le peu de temps qui nous est imparti.

Cet album est aussi le résultat de plusieurs voyages…
Je me suis envolée pour Cuba parce que j’avais besoin de me détendre au soleil. Puis j’ai mis le cap sur Los Angeles, pour être sûre de travailler autre chose que mes pas de salsa !

Vous y avez rencontré Tony Berg, le producteur de votre disque. Comment vos chemins se sont-ils croisés ?
Je voulais visiter un studio et un ami m’a emmenée chez Tony. J’ai craqué sur lui, sur le lieu, sur l’ambiance « auberge espagnole », avec sa femme qui nous faisait à manger…

La couleur de l’album aurait-elle été différente sans lui ?
Il y a des sons sur ce disque que je n’aurais jamais eu l’idée d’utiliser. C’est Sean, le « mixeur », qui a amené une couleur d’une grande modernité. Il aime jouer avec les sons, les triturer, les mélanger à d’autres. Ce quatrième album, c’est aussi un travail d’équipe.

Cette fois, tout de même, vous avez écrit et composé les morceaux toute seule, une première pour vous…
En réalité, j’avais déjà écrit quatre ou cinq chansons toute seule sur « La Femme Chocolat ». Cette fois-ci, j’ai tout écrit en solo : j’ai eu du plaisir à le faire mais j’en ai autant, voire plus, à composer avec mes amis. J’aime bien l’émulation qui jaillit quand j’écris avec Mathias, par exemple (ndlr : Mathias Malzieu, chanteur du groupe Dionysos et ex-compagnon d’Olivia Ruiz).

Vous êtes aussi entourée de votre famille, notamment sur le titre « La Llorona », où vous chantez en espagnol, accompagnée par votre père et votre frère…
Ma grand-mère disait tout le temps que j’étais la plus espagnole de la famille. Et je crois que c’est vrai. J’aime danser, manger, avoir plein de gens autour d’une table. Je peux aussi être très sanguine quand quelque chose me heurte…

Vos chansons évoquent des thèmes intimistes comme l’amour et la quête du bonheur. Pensez-vous écrire un jour des chansons engagées politiquement ?
Je ne le ferai jamais plus que dans le titre « L.A Melancholy », c’est-à-dire d’une façon détournée. Si on a envie de comprendre cette chanson, on voit qu’elle parle de Cuba, du tourisme sexuel, du jugement de l’autre. Elle soulève des questions politiques. Mais moi, j’ai envie de divertir les gens ! J’aime les faire rire, les faire danser, les émouvoir.

Pratique En concert jeudi, à Brest (La Carène) et le jeudi 16 mai à Rennes (Le Liberté). Tarifs : de 28 à 32 €.

Propos recueillis par Souen Léger

Julia
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