Interview Brive Festival – 06 Mai 2013

Interview issue du site Brive Festival., du 19 juillet au 3 août 2013. Olivia Ruiz s’y produira le 20 juillet prochain!

C’est la première fois que vous composez entièrement votre album, pourquoi ce choix, vous étiez prête? On vous avez montré la voie?

Je n’ai pas une façon de procéder conventionnelle, il y avait un concours de circonstance tout simplement j’étais beaucoup à l’étranger, j’ai ce plaisir à travailler en équipe mais j’ai du m’en priver malheureusement cette fois. Sur « La Femme Chocolat »(2005) j’avais écrit six morceaux toute seule, sur« Miss Météore »(2009) on avait fait la musique à deux avec Mathias (Mathias Malzieu, chanteur du groupe Dionysos), je n’ai pas de recette, ça se fait à l’instinct.

Est-ce que c’est de ce 4ème album dont vous êtes le plus fière ?

Non parce que chaque album est une tranche de vie. Pas en terme de contenus mais en terme de préparation, d’écriture de chansons, le moment où tu enregistre en studio avec une équipe… j’ai toujours une émotion en pensant à mes titres de manière différente…mais pas plus sur celui-là que sur les autres. C’est bizarre de dire ça, c’est peut être un peu fort mais ça me fait toujours cet effet quand on me pose la question, quelle chanson vous préférez ou quel album, c’est un peu comme si on demandait à un papa ou une maman lequel de vos enfants vous préférez ? C’est vrai qu’il y a une implication émotionnelle même si on ne raconte pas ses propres histoires mais chaque chanson à une histoire et je les aime chacune pour une raison différente.

En voyageant on apprend beaucoup des autres, le fait d’être partie seule, loin, ça vous a permis d’en apprendre plus sur vous?

Je ne sais pas si j’en ai appris plus sur moi-même… j’aime bien voyager toute seule justement parce qu’on ne se rend pas compte qu’on apprend des choses sur soi, ça revient très tard en fait, des fois, des années après le voyage. Tout ce que j’ai vécu en 2012 sur ces voyages en solo n’a pas encore pleinement fait son effet sur moi, même si les autres voyages en solitaire commencent maintenant à me parler finalement…j’ai ce recul là. Il faut quelques années pour se rendre compte ce que ça nous a apporté dans sa vie personnelle, le plaisir de la rencontre, la façon de percevoir l’autre… En ce qui concerne l’avancement intérieur de soi avec soi, je crois qu’il faut du temps. Je commence à peine à réaliser que mes premiers voyages en Afrique ont provoqué des choses chez moi alors que c’était il y a 4 ou 5 ans…

Une tournée qui a déjà débuté, des concerts annoncés complets, vous êtes dans quel état d’esprit ?

Je crois que c’est la première fois que je relève un tel challenge au niveau du spectacle parce que c’est un décor qui est très nouveau, on est les premiers testeurs en Europe de voiles motorisés par exemple, c’est un concept très particulier, très ambitieux et bizarrement c’est la tournée la plus détendue que je n’ai jamais vécu parce qu’au fil du temps on rencontre les bonnes personnes, on apprend à savoir les garder. Là, les quinze personnes qui sont avec moi sur la route, sont des gens que j’aime, en qui j’ai confiance, que je connais bien pour la plupart, des musiciens qui m’accompagnent. Il y en a trois que je connais et qui partagent la route avec moi depuis dix ou quinze ans… je dirais que c’est à la fois la tournée la plus ambitieuse et la plus sereine.

Si vous deviez citer une personne qui a marqué le plus votre carrière professionnelle, qui serait-elle?

Mathias Malzieu, indéniablement…pour ce qu’il a réussi à faire sortir de moi en me donnant confiance en moi. C’est le premier qui m’a dit sur la « Femme chocolat » :il faut que tu mettes tes chansons, elles sont supers !Mais c’est aussi le premier à qui j’ai eu le courage de les faire écouter et qui m’a donné aussi confiance en lui pour que je lui fasse écouter. Il m’a permis de franchir des caps en changeant le regard que j’avais sur moi-même.

D’ailleurs, on retrouve encore des ressemblances sur cet album avec lui…

C’est marrant que vous disiez ça, car tout le monde me dit que dans cet album c’est la première fois qu’on entend que c’est moi… je prend ça comme un compliment et c’est vrai que quand on a partagé la vie de quelqu’un pendant sept ans il y a forcément des correspondances qui se font, un principe de vase communiquant…Mathias me disait que le côté cabaret qui débarquait sur la « Mécanique du cœur »(3ème album de Mathias Malzieu sorti en 2007 inspiré de leur univers respectif) était quelque chose de nouveau dans son univers, qu’il y avait aussi une correspondance avec moi… c’est juste normal de finir par avoir des ressemblances quand on grandit ensemble pendant toutes ses années.

Brive-La Gaillarde, vous connaissiez ?

Oui bien sur je suis déjà venue en concert à Brive. C’est aussi un endroit qu’on connait bien par le rugby, par Georges Brassens pour sa chanson sur le marché de Brive la Gaillarde. C’est une région que j’adore, j’ai d’ailleurs passé plus d’un mois et demi pas loin quand j’ai tournée un film dans le Périgord j’en garde un très beau souvenir.

A Brive, on est Gaillard, on a du tempérament on aime la bonne bouffe? En fait, vous êtes une vraie Gaillarde?

Ah oui ! Si c’est vraiment les deux caractéristiques, je suis Gaillarde aussi ! Je cuisine, j’aime bien chiner le bon resto minuscule que personne ne connait et ensuite y inviter tous mes amis.

Vous vous lancez dans l’Opéra, quelle est la différence entre la scène et le théâtre?

C’est un projet, je commence les répétitions en ce moment. C’est un Opéra chorégraphié l’Amour sorcier, créé par Jean-Claude Gallotta qui se jouera à la scène nationale de Grenoble composé par le Gaditan et Manuel de Falla. Il n’y a pas tant de différence avec la chanson car ça reste de la scène et on joue un personnage. Dans mes chansons j’aborde des personnages, quand je tourne j’incarne un personnage et je me mets dans sa peau. C’est juste génial de se dire que les trois disciplines que j’affectionne, qui sont, l’art Dramatique, le chant et la danse vont pouvoir être réunis. Ce mélange est à la fois terrifiant et excitant.

On est en 2020, vous êtes où? Avec qui?

Ouh c’est difficile…dans 7 ans, je suis…je suis.. je ne sais pas, je suis peut-être à la Havane, à Los Angeles, à New York ou Paris…ou à Montpellier. Avec qui ? Je n’en ai pas la moindre idée ! C’est ce qui est bien dans la vie c’est qu’on ne sait pas de quoi sera fait demain et moi, j’aime faire en sorte de me réserver plein de surprises en allant à la rencontre de nouveaux territoires, de nouvelles personnes. J’aime cette sensation de vertige quand on ne sait pas de quoi demain sera fait. J’ai tendance à ne rien prévoir et me dire que j’ai une petite étoile qui me dira où je dois être à un certain moment et avec qui.

Julia
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