Ladepeche.fr – 02 Août 2013

Olivia Ruiz, star de Carcassonne ce soir

C’est l’un des évènements marquants de cette édition 2013 du Festival de Carcassonne, et nul doute que le public audois l’attend impatiemment! Pour la première fois ce soir, Olivia Ruiz se produira, ce soir (21h30) en vedette au théâtre Jean-Deschamps. En voiture et entre deux dates, la chanteuse s’est confiée à nous dans un entretien téléphonique.

C’est sûrement un grand moment pour vous, l’enfant du pays, ce concert à Carcassonne?

«Oui! C’est vrai que ça va être chargé en émotions, il y a pas mal de choses qui s’entremêlent, d’abord c’est la première fois que je fais vraiment un spectacle entier dans ce lieu qui m’a vu faire mes premiers pas d’artiste, grâce à une de mes tantes qui était régisseuse des Médiévales de Carcassonne. J’ai passé tous mes étés ici, depuis mes 12 ans jusqu’à mes 16 ans, sur les planches de la Cité en tant que comédienne, danseuse ou figurante selon les années, tout ça va remonter d’un coup… C’est aussi une date anniversaire très triste pour moi, puisque ce sera les un an du départ de la grand-mère auprès de qui j’ai grandi (ndlr, le nom de scène d’Olivia, Ruiz, a été choisi en hommage à sa grand-mère maternelle, dont c’est le nom de jeune fille), donc ça va être beaucoup d’émotions mélangées, beaucoup de joie aussi malgré tout.»

Et beaucoup de pression, non?

«Bien sûr oui, la pression sera forcément plus forte, parce que j’ai envie que ce soit là le meilleur concert de toute la tournée, il y aura beaucoup de gens que j’aime dans la salle, mes amis, ma famille, des gens qui comptent pour moi et que j’ai envie d’épater, de rendre fiers de moi. Donc oui, il y aura une pression bien particulière, incomparable à celle des autres concerts, même si on joue plus souvent cet été devant 15000 personnes que devant 3000. Ces 3000 là sont beaucoup plus stressants pour moi que les 16000 que j’avais en face aux Francofolies, ou les 20000 de Musilac, parce que ce sont des gens qui m’ont vu évoluer et qui attendent peut-être plus…»

Vous avez prévu quelque chose de spécial pour ce concert?

«Mon père sera parmi les invités, c’est très rare, normalement il n’est que là pour les concerts parisiens ou quand je ne passe pas trop loin de la maison, et puis il y aura sûrement un deuxième invité dont je ne préfère pas parler tant que ce n’est pas confirmé. Ensuite, Carcassonne sera le seul concert de l’année à mêler deux décors, celui de la tournée d’hiver qui arrive et de la précédente,  à base de projections vidéo et de voiles, que nous n’utilisons pas d’habitude dans les festivals d’été, et le décor d’été justement,  un décor de cinéma à base de gros projecteurs très anciens. Enfin, les voiles ce sera uniquement si la météo est clémente, on n’a pas pu les utiliser de tout l’été!»

Vous aviez un formidable danseur dans votre tournée d’hiver, est-ce qu’il sera là?

«Non, malheureusement il n’est pas avec nous dans les festivals d’été, vous serez obligés de revenir au mois d’octobre pour le retrouver!»

Votre dernier album, «Le Calme et la Tempête», alterne véritablement les moments de calme et de tempête, c’est en rapport avec ce que vous vivez?

«C’est un album dans la continuité du précédent, sans virage à 180° en ce qui me concerne, toujours dans les couleurs qui me sont chères c’est à dire très cinématographique avec des climats et des atmosphères assez tranchés, assez forts,  un mélange entre le rock, le flamenco, les musiques balkaniques qui n’appartient qu’à nous, mes musiciens et moi. Pour ce qui est des thématiques, ça n’est pas très différent des précédents non plus, si ce n’est que forcément, à 33 ans, on n’a pas les mêmes préocuppations qu’à 25. Mon écriture et mes thèmes d’écriture évoluent en fonction de mes préoccupations. Ces trois dernières années ont été faites de grandes joies et de grandes tristesses aussi, tout ça enrichit pour écrire, pour trouver sa philosophie de vie, pour se sentir mieux, plus épanoui, plus serein, plus calme, plus heureux… Cet album c’est toujours bien moi, avec quelques années de maturité et d’expérience supplémentaires.»

Il y a, entre autres, un drôle d’ instrument qui apparaît sur «Elle panique»…

«Les instruments méconnus, ça c’est le privilège d’avoir Frank Marty (ndlr,  des groupes THC, Les Croquants et La Varda, il est originaire de Narbonne), avec qui je joue depuis 17 ans. On s’est rencontrés quand j’avais 16 ans et on a commencé à se produire en duo à ce moment-là, ça s’appelait «Les Amants», et puis le temps a passé, on a continué à se voir en tant qu’amis et à  grandir en tant que musiciens, et aujourd’hui c’est devenu un jeu, il me propose des instruments improbables, il attend même quelquefois mon retour avant d’acheter un instrument pour savoir si je pense que je peux l’utiliser sur telle ou telle chanson, ou si la sonorité me paraît intéressante pour mon répertoire. C’est quelqu’un qui amène beaucoupsur le plan sonore, il joue de la scie musicale, du dulcimer, du cymbalum…»

On a vu récemment Luz Casal, un exemple de féminité sur la scène du théâtre Jean-Deschamps, à la Cité. Est-ce que ça vous parle?

«La féminité… c’est compliqué parce que je l’ai rencontrée il y a peu, la mienne, donc on en est encore à s’apprivoiser! C’est aussi bien être une maman aimante qu’une danseuse gracieuse, pour moi c’est la douceur, quelque chose qu’il est difficile de laisser s’exprimer quelquefois, surtout quand on est une femme qui évolue dans un monde d’hommes comme moi.»

Il y a chez vous, notamment dans votre timbre de voix,  un côté «petite fille énervée», dans ce sens où les enfants disent parfois leurs quatre vérités aux adultes. C’est quelque chose que vous sentez?

«Pas du tout, c’est quelque chose que l’on dit de moi qui m’a toujours interpellée, sans me vexer ni me faire du mal, parce que je ne me suis jamais sentie femme-enfant…»

ça tient peut-être à votre expression…

«Oui, je suis quelqu’un de très expressif, et effectivement de très franc, qui ne met pas beaucoup de barrières entre moi et les gens. Si être une femme-enfant c’est être un peu «brut de décoffrage» quand c’est nécessaire, alors c’est mon cas. En même temps je connais trop la portée, la violence d’une parole pour ne pas tourner ma langue dix fois dans ma bouche avant de m’exprimer. Je peux être franche mais j’essaie toujours de ne pas être brutale.»

Un mot sur vos racines?

«Je reste persuadée que pour savoir où on va il faut savoir d’où on vient, c’est une grande partie de notre développement personnel ici et maintenant. Mes racines elles m’intéressent, elles m’appellent, elles me dépassent, elles s’imposent et… et  je les aime! Ma grand-mère me disait souvent que j’étais la plus espagnole de la famille. Peut-être effectivement que quelque chose en moi me pousse à me sentir héritière, et du coup responsable d’un devoir de mémoire.»

Olivia Ruiz, vendredi 2 août au théâtre Jean-Deschamps, à 21h30. Tarifs: carré d’or, 45€; 1ère série: 36€. Placement libre, sauf carré d’or numéroté.

Julia
Pas de commentaires
Laisser un commentaire :