Respect Mag – Hiver Printemps 2014

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Olivia Ruiz Respect Mag

 

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Ton cinquième album est pour bientôt ?
Je n’en suis qu’au stade de la création des chansons. J’ai quasiment terminé les textes et quatre d’entre eux ont des musiques en cours d’écriture. Pour l’instant se dessine un album un peu plus féminin et charnel que les précédents. Ce sont des piano-voix, des guitares-voix ou des yukulélé-voix mais les arrangements permettent de donner des orientations très différentes.

As-tu déjà des idées de duo ?
Quand les chansons existeront véritablement, je réfléchirai aux invités. Mais vu la couleur de l’album, je me demande si ce ne sera pas surtout des femmes issues d’univers différents du mien pour une confrontation pour le meilleur ! Il y a énormément de filles de ma génération qui me fascinent, ça va d’Anna Calvi à Bat for Lashes en passant par Saint-Vincent. Je pense aussi à deux jeunes filles qui s’apprêtent à sortir leur album sous le nom de groupe d’Ibeyi. J’ai complètement craqué sur leur univers !

En plus de chanter, tu as dansé dans le ballet de Jean-Claude Gallota, L’amour sorcier à l’Opéra Comique, à Paris. Raconte-nous…
Quand j’ai lu le texte, je suis tombée amoureuse du personnage de Cande- las, une femme brisée qui part à travers la forêt trouver des sortilèges pour faire revenir l’amour… Cela a été comme une évidence. Un texte entièrement en espagnol, ma deuxième langue. Cela a trait au monde de l’étrange qui m’attire tellement. En fait, c’était un petit cadeau du ciel qui me permettait d’être à la fois comédienne, chanteuse, danseuse dans un monde nouveau, celui de l’opéra.

Tu as aussi signé un court- métrage en mai 2014, « Où elle est maman ? ». D’où est venue cette envie de passer derrière la caméra ?
J’ai imaginé l’histoire de trois fils qui perdent leur maman et se retrouvent avec un papa dans un état critique. J’ai voulu raconter la beauté de la folie ordinaire. Cette maladie amène aussi une forme de créativité. Elle est tellement décalée et incompréhensible qu’elle donne lieu à des situations comiques. La personne qui m’a inspirée ce film souffre de la maladie d’Alzheimer mais chacun peut l’interpréter à sa façon…

D’ailleurs, tu as soutenu sur ta page Facebook le projet de ton frère de réaliser un documentaire sur la prise en charge des maladies mentales dans le monde…
Oui, c’est un projet voué à donner un autre regard sur la « folie », plus juste et plus grand. Mon frère est psychologue clinicien. Avec sa fiancée, ils ont financé un tour du monde de 10 mois. Ils ont travaillé 3 mois dans un hôpital psychiatrique au Japon, 2 semaines en Argentine, dans une radio où les animateurs sont des psychotiques… Le film est en court de montage.

Tes grands-parents maternels ont fui le franquisme. Pour ton nom de scène, tu as choisi Ruiz en référence à l’une de tes grand-mères …Cela me semblait évident qu’il fallait que je porte un nom latin. J’ai réalisé, très jeune, que cette culture était en moi. Avec mon frère et mes cousins, on est beaucoup dans la démarche du devoir de mémoire. On a d’ailleurs presque tous demandé la double-nationalité, surtout pour le symbole parce que c’était une façon pour nous, vu le traumatisme de nos grands-parents, de leur dire regardez là- bas aujourd’hui nous sommes légitimes. C’était une façon de leur rendre leur place et de cicatriser un peu la déchirure.

olivia ruiz respect mag portrait

Coup de Cœur assoCiation
« Je suis la marraine de l’association de mon frère, Lutt’opie. On est partis ensemble au Burkina Faso reconstruire une école à Diapaga. Cela a permis la scolarisation d’une centaine d’enfants et la création d’un local à Ouagadougou, qu’on loue depuis 7 ans. On y accueille une quinzaine de jeunes qu’on forme, pendant un an, à la musique, à la danse, à la vidéo. La plupart de ceux qui sortent de nos ateliers trouvent du boulot au Burkina. On est dans tout ce qu’on défend dans cette association : tout sauf l’assistanat. On estime que ce pays est assez riche pour ne pas avoir besoin de nous. On peut être juste des passeurs de parole. »

On fête les 10 ans du magazine. Il y a 10 ans tu étais où ? Et dans 10 ans tu seras où ?
En 2004, j’avais 24 ans. J’étais au cœur de la tournée « J’aime pas l’amour ». Je rencontrais Matthias qui allait transformer la chenille en papillon, donc c’était une très belle année ! Dans 10 ans, j’aurai 44 ans. Ce qui serait vachement bien, c’est que je continue à faire ce que j’aime, chanter danser mais aussi jouer, réaliser et avoir un grand mas à rénover près de Montpellier mes enfants qui courent dedans !

olivia ruiz respect mag interview

Interview de Noémie Fossey-Sergent

 

Julia
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