Presse: Clap Hands de Gaëtan Roussel sur RTL2

Très belle interview à écouter, par Gaëtan Roussel, le leader du groupe Louise Attaque, que j’ai eu le bonheur de voir sur scène à Mexico…

Elle est très complète, je vous ai tout retranscrit et ajouté des liens vers des articles qui mettent en lumière ou approfondissent certains passages.

Enjoy!

olivia-ruiz-clap-hands-rtl2

Gaëtan Roussel: Mon invitée vient du sud, elle a grandi pas loin de la cité de Carcassonne, mon invitée est gourmande, tonique, attachée à ses racines, mon invitée avance sans jamais oublier le petit coup d’oeil dans le rétroviseur. Aller loin, c’est savoir d’où l’on vient. Ses racines, mon invitée les écrit, les chante et aujourd’hui, elle les danse. Mon invitée est en chocolat. Au lait, noir, certainement les deux selon l’envie, l’humeur et l’espoir.

Mon invitée n’aime pas l’amour. Mon invitée, sur ce coup là, je ne la crois pas. Elle a su créer son monde, au contact de ses racines donc, mais aussi au contact des autres. Mon invitée a obtenu quatre victoires de la musique. Mon invitée s’entoure, mon invitée avance en groupe dans sa carrière solo. Mon invitée a fait partie de la nouvelle vague. Mon invitée s’appelle Françoise parfois.

Mon invitée est née le premier jour de l’année, comme pour ne pas perdre de temps. Mon invitée s’appelle Blanc mais son nom de scène, c’est une nouvelle fois dans ses racines qu’elle le puise, mon invitée s’appelle Ruiz, Olivia Ruiz bonjour!

Olivia Ruiz: Bonjour! Dis donc, c’est joli…

Merci. Merci d’être là. Comment vas-tu?

Très bien, très bien. Fatiguée, mais heureuse d’être avec toi.

La première question que j’ai envie de te poser, c’est qu’est-ce qui revient le plus souvent comme image quand tu regardes dans le rétroviseur? De tes racines, par rapport à ce que je viens de décrire?

Mes grand-mères, je crois, parce que c’est elles qui avaient cette volonté de nous faire apprendre leur langue, et de garder intact justement ces racines, de faire perdurer un devoir de mémoire.

Alors, on va t’accueillir avec une chanson de ton répertoire. Non-dits, non mais dis donc. Dis-moi le donc ce non-dit là. Ce non d’ici dis-le moi donc, dis-donc mais non mais dis-donc.N’attendons pas d’être plus là pour me raconter tout cela. Depuis jamais qu’on se le dit, les années passent sans merci. Si l’on se frôle, c’est déjà ça, chacun son rôle, pas plus que ça.

(MUSIQUE)

Ca ronge les non-dits tu penses?

Ah oui, moi j’ai tendance à penser que les choses doivent être dites, qu’il faut vider le sac à dos des gens qu’on aime quand on en a les clefs et le pouvoir en tout cas, oui. D’ailleurs, quand j’ai parlé de cette thématique à Christian Olivier qui a écrit le morceau…

C’est la question que j’allais te poser parce que c’est quelque part, bien que le mot soit pas joli, une commande ou non c’est une discussion qui a amené…

Ouais, une discussion effectivement, j’arrive avec un thème que j’ai envie qu’il explore et avec mes petits secrets de famille aussi. Donc je lui en parle et puis je lui dis dans cette chanson, voilà j’ai envie de dire qu’il faut dire. Et puis il me donne une chanson qui dit c’est pas vraiment nécessaire de dire! (rires). Et finalement, finalement, c’était tellement plus juste.

Elle est très belle cette chanson, alors il faut, on va replacer, tu peux nous rappeler, Christian, c’est Christian Olivier.

Oui, le leader des Têtes raides.

Voilà, le chanteur des Têtes raides, qui fait des albums solo, en tout cas qui en a fait un il y a pas longtemps qui s’appelle ON/OFF et alors tu peux nous en parler un petit peude ces gens-là?

Ben écoute moi depuis l’adolescence, je suis complètement dingue des Têtes raides. C’est vrai qu’il a un langage Christian qui est tellement particulier qu’on a l’impression qu’on est un peu les seuls à le comprendre, quand on est dans sa petite chambre avec son discman en train d’écouter.

C’est vrai qu’on a l’impression qu’il parle à toi quand il ?

C’est ça. Et moi j’allais souvent les voir en concert. On va dire que j’ai 14 ans quand je découvre les Têtes raides. Et puis se passe cette aventure télévisuelle où je porte mon p’tit t-shirt des Têtes raides que personne ne reconnaît évidemment puisque dans ce genre de programme, la culture musicale…

Parce  que Christian, il fait toutes les pochettes aussi des Têtes raides.

Voilà, avec les chapelets, ils sont trois, exactement. Et donc voilà. Il apprend qu’il y a une fille qui s’est perdue. Le chevalier blanc se retrouve avec un t-shirt des têtes raides là-dedans. Et je me retrouve à faire leur premières partie au Bataclan et à faire cette rencontre finalement de gens tellement tolérants. Faut dire que moi j’étais un peu le vilain petit canard, on voulait pas entendre parler de moi dans cette scène-là, c’était ohlala, mais qu’est-ce qu’elle veut cette fille, à commencer par le patron de ma maison de disque à l’époque,quand j’arrive et que je lui dis, j’ai envie de bosser avec Néry, le leader des VRP.

Pourquoi le vilain petit canard?

Par rapport au fait que tous les artistes de l’époque un peu dits underground tu vois, décriaient l’émission en disant mais…

D’accord, donc en rapport à la Star Academy, on en parlera tout à l’heure.

Voilà, donc inespéré que ce mec là ne porte pas de jugement hâtif et attende juste une rencontre pour décider de si j’étais quelqu’un ou pas finalement.

Elligible…

Voilà.

Et moi, les Têtes raides, la première fois que je les ai vues, c’était au sentier des Halles, je sais pas si tu connais cette salle.

Bien sûr.

La petite anecdote, c’était qu’il étaient plus nombreux sur scène que dans la salle.T’as vécu cette période là?

Le sentier, c’est quand même minuscule, moi j’adorais aller voir des groupes là-bas quand je suis arrivée à Paris. Mais non, dans le sud, ils avaient quand même une popularité un peu plus grosse apparemment qu’à Paris.

Alors en écrivant cette émission, en réfléchissant, en écoutant ta musique je suis arrivé à comme par de petites contre-allées à une autre musique. On l’écoute et on en parle après. Je te dirai pourquoi.

(MUSIQUE THE ARCADE FIRE – NEIGHBORHOOD)

Ahh ça me sonnait mais en même temps plus très familler. Effectivement, il va falloir que je le ressorte ce vinyl.

Ecoute, je sais pas, c’est venu, en fait, j’ai réfléchi et je pense que c’est parce que il y a de l’urgence je trouve,dans cette chanson et dans ce disque-là et je me demandais si c’était important pour toi l’urgence quand tu fais les choses. Que ce soit pas négociable, ça rebondit sur ce que tu m’as dit tout à l’heure. Quand il faut être spontané.

Complètement. C’est un esprit de famille aussi.Voilà. C’est vrai que moi j’aime comme eux faire les choses avec mon petit monde, que ce soit un petit monde créé pour l’occasion d’un disque à Los Angeles avec mon anglais pourri et leur français pas terrible non plus, ou un petit monde aujourd’hui avec Edith Fambuena, donc effectivement il y a un lien.J’essaye d’être aussi généreuse et aussi inattendue qu’Arcade Fire peut l’être sur les disques et de raconter avec joie des choses parfois plutôt sombres.

Il y a plein de petits détails quand on écoute au casque là, y en a plein des petits détails dans tes disques aussi je trouve. Tu les aimes ces petits détails, cette petites choses qu »on n’entend pas forcément, à la deuxième, troisième écoute?

Ah oui. C’est essentiel car moi je m’ennuie très très vite, donc quand j’écoute un disque, effectivement si à la cinquième écoute, j’ai plus de surprises, et ben j’y retourne pas forcément. Donc, j’essaye, je pense, pour pas m’ennuyer sur mes propres disques, de toujours rajouter des petites couches, et quelques fois des gens comprennent une chanson très longtemps après, en me disant effectivement, et je dis oui ben c’est aussi pour ça qu’on fait les choses.

T’es perfectionniste alors on peut dire, quelque part.

Oui et en plus, je me prends la tête. Par exemple, là sur ce dernier disque, d’avoir eu une grossesse entre-temps, je trouvais aucun repère sur ma voix, et je la reconnaissais plus. Et c’était terrible, j’ai refait les voix 50 000 fois, ça ne m’allait jamais, c’est vraiment le coup de pied au fesses que m’ont mis Edith et Jeff, voilà qui m’a permis d’arrêter les choses à un moment parce que j’étais dans un auto-jugement permanent et intransigeant et finalement, ils ont bien fait de me bousculer sinon, ce disque, peut être qu’il serait jamais sorti.

Alors, on va en parler tout à l’heure, Edith, c’est Edith Fambuena qui a produit ton disque qui était un des Max Valentin. Et Jeff, c’est qui?

Jeff, c’est un garçon avec qui elle travaille beaucoup qui a enregistré et mixé plein de disques, même réalisé je crois parfois, pour Tété, voilà, pour plein de gens…

OK, tu vas nous en parler tout à l’heure. Olivia tu bouges pas, on se retrouve dans un instant dans Clap Hands sur RTL2. On va écouter un morceau de Zazie.

De la grande Zazie…

(MUSIQUE J’ENVOIE VALSER DE ZAZIE INTERPRETE PAR OLIVIA RUIZ)

De Zazie et de Phil Baron d’ailleurs.

D’accord.

Ouais, musique de son grand frère je crois.

D’accord, c’est bien de préciser.

La voix de bébé! Ohlala!

C’est pour ça que je voulais qu’on l’écoute au delà du fait que ce soit de Zazie. Quand je l’ai écoutée, je me suis dit exactement comme tu viens de faire avec tes yeux, c’est fou comme ta voix a changé, évolué. Je trouve ça super.

Ah ouais. C’est incroyable, ça fait vraiment la voix de petite fille, quoi.

Une voix comme déposée.

Mmm-mm, j’étais toute cassée aussi au moment où j’interprète cette chanson et d’ailleurs c’était un peu mon salut d’avoir un si joli cadeau au moment où je chantais que des trucs improbables dans ma culture.

Quel souvenir tu gardes de la Star Academy? Quel souvenir ou qu’est-ce qu’il y a encore avec toi ou que tu ne veux plus, peut être que c est des choses que tu as voulues…

Quand j’y pense, j’ai un espère de mélange de gratitude et d’amertume parce que d’abord, je revois des gens qui étaient avec moi et qui s’en sont moins bien sortis et que cette émission a bousillé, je trouve que c’est scandaleux qu’il n’y ait pas d’accompagnement psychologique sur des gamins qu’on prend en province, qui connaissent rien à rien. Moi, je savais pas ce que c’était un label, tout d’un coup, quelqu’un arrive dans le château et nous fait signer un contrat d’édition, on sait pas ce que c’est, enfin…

Personne vous explique. On n’explique pas…

Si, y a un mec à cette époque, Laurent Palambras qui lui, je pense culpabilise beaucoup de nous faire un coup pareil, et effectivement vient et nous dit bon ben les auteurs-compositeurs, je vous ai acheté des cahiers et des stylos… Des trucs tout bêtes, on vous installe dans un appart’, on vous dit, vous ne pouvez pas rentrer chez vous. Vous devez rester à Paris parce qu’on a besoin de vous pour plein de choses. Nous on comprend rien, hein. On est là, on va dans la rue, les gens nous arrachent les cheveux, moi je me suis refermée comme une huître, j’étais en stress total…

T’avais quel âge?

21 ans. Donc, jeune. Et encore, on était deux un peu dans le même cas à se serrer les coudes et à se dire bon, qu’est-ce qu’il se passe? C’est pas à nous, ça. Pourquoi les gens nous aiment? Il va falloir qu’ils trouvent de vraies raisons parce que là, c’est pas les bonnes.

T’as eu envie de partir, plein de fois?

Ben oui.

Qu’est-ce qui t’a…

…Tout effacer de la vie. Finalement réussir à rencontrer des gens que j’aimais, que j’admirais, à partager des moments de musique avec eux, voilà.

Et comment à la sortie, tu as construit ton premier album qui s’appelle j’aime pas l’amour? Est-ce que t’avais des vues, c’était le cas tout à l’heure avec Christian Olivier, tu regardais des gens avec qui tu avais envie de travailler, j’imagine? 

C’est ça.

Tu regardais quelque part…

Alors j’ai écrit plein de chansons et puis j’étais pas très fières des chansons que j’avais faites, et j’étais pas prête tout simplement  à les assumer.Donc, tous les mois, j’arrivais avec 15 nouvelles chansons, et à l’époque, Jean-Philippe Allard que j’aime beaucoup, me disait « ben non, y a toujours pas ce qu’il faut ». Il m’a ri au nez quand je lui ai dit que je voulais travailler avec Juliette. J’ai débarque à Sète pour attraper Juliette sur un de ses concerts qui me regardaient et qui pensaient « mais qu’est-ce que c’est que cette meuf? », qui m’a invitée à son anniversaire, pour me faire tester par tous ses potes. Mais moi je savais pas, j’étais juste toute fière d’aller à l’anniversaire de Juliette, ses 40 piges je crois. Et puis j’ai passé le test avec succès apparemment puiqu’elle a exploité le sujet « j’aime pas l’amour »… Donc non, ces gens n’étaient pas décevants puisqu’ils avaient l’ouverture d’esprit, quand même d’accepter de m’accompagner.

Après, tu as fait ça…

(MUSIQUE JE TRAÏNE LES PIEDS)

Ca fait aussi longtemps que tu ne l’as pas ré-écoutée?

Ah ouais, hyper longtemps.et d’ailleurs du coup, c’est surprenant parce qu’on la joue tellement plus sous cette forme là, et puis que les choses ont tellement changé.

Tu les fais beaucoup évoluer sur scène tes chansons?

Ca dépend lesquelles. Par exemple, la Femme Chocolat, je suis très attachée à cet arrangement qui a 5 cinq ans, il va vraiment falloir maintenant qu’on se bouge là-dessus, mais je l’aime tellement et je m’en lasse pas. Du côté explosif, celui-ci beaucoup, parce que les gens dont je parle dans cette chanson, certains ne sont plus là, et donc pour moi elle a plus du tout le même sens.  C’était une chanson de célébration et c’est devenu une chanson presque d’hommage aux défunts, donc elle a pris une tournure beaucoup plus tragique ou en tout cas, beaucoup plus profonde peut-être, ouais…

Et ça, c’est un travail que tu as fait en collaboration avec Mathias. Mathias Malzieu.

Alors pour la production du titre, sinon non la musique, c’ est de Ben Ricour, voilà…

Mais je parlais, ça c’est extrait issu de ton 2e album et que l’ensemble a été travaillé avec le chanteur de Dionysos, en autres.

Et un incroyable romancier et réalisateur aussi, et avec Alain Cluzeau. C’était assez rigolo. Mathias n’avait jamais produit de disque et quand je lui demande ça, il me dit « je suis pas, je fais pas ça » et là je lui ai dit « oh si, tu vas faire ça superbement bien  » et donc je dis je voudrais te présenter Alain Cluzeau qui lui était déjà un producteur très installé, un peu plus âgé et bon, la collaboration était inattendue, je pense qu’aucun des deux avait très très envie de ce truc là au départ, et finalement chacun avait la qualité qui manquait à l’autre. Donc, c’était un espèce de truc, la folie, la créativité de Mathias, le côté plus pragmatique, et beaucoup plus chanson d’Alain a fait un espèce de petit miracle pour moi. Parce que…

Oui et puis une vraie signature je trouve pour toi, après tu l’as fait évolué, mais je trouve qu’il y a vraiment ton monde qui est clos. Je sais pas comment le dire mais j’ai l’impression qu’il y a ça.

Et mon son aussi peut-être.

Oui tout à fait.

Ouais. Et c’est vrai que Mathias et Alain m’ont donné une confiance.en moi incroyable. Tout d’un coup, tout était possible. Mes chansons étaient pas pourries comme je le jugeais toute seule en les écoutant. Mathias me disait « mais mets tes chansons, elles sont super ». Moi je les trouvais faiblardes à côté de celles de Mathias ou de Nery, qui était de retour sur ce disque là, et finalement, ben voilà.

C’est comme ça, c’est le travail d’un producteur de donner confiance, d’aider. On en parlait tout à l’heure, d’aider la personne avec qui elle est en studio, à faire en sorte qu’elle raconte son histoire.

Ouais.

Tu as aussi chanter ça, c’est pour ça que je me suis permis de dire que tu avais fait partie de la Nouvelle Vague.

(MUSIQUE MALA VIDA DE NOUVELLE VAGUE)

C’est arrivé comment ça?

Ca aussi, ça fait longtemps… Alors c’est un titre de Nouvelle Vague, je sais plus quel volume d’ailleurs, …

Je sais pas te dire, c’est un titre de la Mano Negra.

Voilà, et un arrangement tellement… J’étais très très étonnée quand je suis arrivée et que j’ai découvert cet arrangement, la Mano, c’est toute mon adolescence aussi, …

La mienne aussi. Non, moi j’étais un peu plus vieux.

Oh, mais si…

Je triche! 

Ouais un peu près…

Je suis un adolescent attardé.

Moi j’étais peut-être un peu plus jeune. Voilà, c’est ça! Voilà et donc, c’est vrai que quand on m’a dit la Mano, j’ai dit oui tout de suite, c’était une évidence, et en plus, quand j’ai découvert cette forme-là de Mala Vida, j’ai adoré!

Mais c’est le propre de Mala Vida, ils décalent tout le temps. Toujours décalé.

Voilà.

Là, il y a quelque chose de Galaxico. Sans du tout réduire, hein. Mais c’est superbe.

Le sens premier de la chanson ressort comme jamais, parce que c’est quand même une chanson de grande souffrance amoureuse.

Exactement…

Et tout d’un coup, elle pouvait se chanter comme ça.

Dans une certaine torpeur en fait.

Voilà, j’ai adoré, adoré faire cette reprise, c’était super.

T’es sensible à l’idée de groupe? Tu m’en as parlé un petit peu tout à l’heure. Je dis ça car la Mano Negra , c’était vraiment, ils étaient vraiment 8 ou 9, un bloc, c’était un vrai groupe. Il y avait quelque chose de groupe, c’était l’idée voilà…

Moi je suis un leader de groupe raté, tu sais. Ouais…vraiment. J’ai toujours eu cette frustration.j’en parlais beaucoup avec Mathias d’ailleurs. Parce que moi je crois que j’étais pas faite pour être devant toute seule. Moi j’ai toujours fonctionné en team. Et c’est le cas quand même.

T’es toujours entourée. C’est important d’être entourée.

Ah oui! Moi je sais pas, pour moi la musique, c’est le partage, et d’ailleurs, Le calme et la tempête qui est un disque que j’avais fait toute seule, j’ai beaucoup moins aimé faire ce disque en terme de création pure, de base de compo et d’écriture que les autres.

Tu l’as fait comme ça parce que tu l’as voulu ou parce que…

Parce que j’étais seule à l’étranger. J’étais à Cuba et Los Angeles toute seule. Donc j’avais pas de pote sous la main pour dire allez viens, on s’amuse! Et ça m’a manqué, ouais. J’aime ce côté bordélique de la vie de groupe. Je ne me verrais pas de pas être dans le tour bus. Du coup, j’embarque bébé avec moi mais par contre, je me verrais pas voyager à part et rester la nuit à l’hôtel… Tu sais ce que c’est toi!

Je partage complètement, bien sûr, bien sûr. Olivia, on se retrouve dans un instant pour la dernière partie de Clap hands sur RTL2.

(MUSIQUE LA FEMME CHOCOLAT et MON CORPS, MON AMOUR)

Y a aussi ton album qui arrive. Un nouvel album.

Oui. A nos corps aimants.

Alors premier morceau qui est déjà sorti qui s’appelle mon corps mon amour. Rapidement Olivia, est-ce que tu peux nous décrire cet instrument qui est sur l’intro de ton nouveau morceau.

Voilà le clavier, l’OP-1, tout le monde était là, c’est quoi ce son?

J’ai pas osé le dire, j’étais sûr que c’étais à l’OP-1. Moi j’ai jamais réussi à le faire marcher. Donc t’es déjà chanceuse…

Mais tu rigoles ou quoi?

Le petit blanc avec…

Mais oui!

T’as les manuels?

Non je l’ai pas acheté, ça a l’air génial, ça a l’air trop bien, mais j’ai vu les tutos, mais t’as tout écrit dessus? T’as pas enlevé le plastique? Il faut surtout pas enlever le plastoc parce que sinon, t’es mort. Mais moi en gardant le plastique pour bien savoir à quoi correspond quoi, nickel. Non mais j’y crois pas que t’aies pas mordu avec ce truc. Au prix où ça coûte, il faut l’amortir parce que cette petite merdouille à 900 balles.

800 balles ouais. Alors on va parler du disque et avec qui tu l’as fait. Alors, j’ai une question: « Je baise, donc je suis ». C’est à dire?

C’est à dire, si tu m’aimes pas, si tu me désires pas, si tu me fais pas l’amour, je suis qu’un…

C’est à dire que l’amour, c’est un langage, tu partages. C’est se parler.

Ben oui, c’est se parler et c’est aussi se parler physiquement

Ah oui non mais tout à fait. Et je sais pas d’où m’est venue cette question, par rapport à ton texte et ce que je ressentais. Vieillir te questionne?

Ah oui, bien sûr, bien sûr. C’est un truc qui donne autant envie, que ça fait peur. Et puis pour une nana, quoi! Tu vois c’est genre ça commence à l’adolescence les métamorphoses et puis après paye ta métamorphose jusqu’au dernier souffle. C’est un peu violent. Vous, vous avez cette chance de vous bonifier en vieillissant.

Il paraît, il paraît, il paraît,je l’ai entendu dire.

Il paraît, mais bien sûr, c’est dégueulasse!

Bon, alors t’es impatiente de les amener sur scène tes chansons?

Ah oui! Là, ça commence à me démanger.

C’est indispensable d’amener les morceaux, ce que tu fais en studio, c’est indispensable pour toi des les amener sur scène?

Ben oui et puis il y a toujours des choses que tu imagines au moment où tu termines, où tu fixes une chanson, ton cerveau, il continue à les penser finalement et les idées nouvelles elles viennent à ce moment là, toujours, elles continuent à venir. Donc c’est bien de se dire qu’elles vont pouvoir encore évoluer. Et puis surtout moi je les ai vraiment mises de côté pour la comédie musicale. Donc là…. Je vais les redécouvrir.

Qu’elles vivent.

Ouais…

Merci beaucoup. Je voudrais qu’avant qu’on se quitte je te pose quelques si tu veux bien questions. Tu réponds, libre court à ton iaginatio, Je te relance pas. c’est un petit moment qui s’appelle entre nous.

Entre nous, as-tu un rêve non réalisé?

Pfff, des tonnes! Entre autres, tourner sous la direction de Jim Jarmusch et Maiwenn le besco, tiens une française.

Entre nous, quand as tu pleuré pour la dernière fois, et pourquoi?

Hier sur scène, quand mon Raphaël est mort. Il y a des soirs où je sais pas je dois être un peu plus dans mon monde et puis il y a des soirs où j’ai l’impression que monThierry Verger, mon partenaire, je le reverrai jamais. Mais à priori, il va re-mourrir ce soir, mais j’en dévoile trop déjà.

C’est un jour sans fin en fait…

Ouais, avec Bill Murray, oh, génial.

Entre nous,ton épitaphe?

Merci

Entre nous, ton application préférée?

Je triche, c’est pas vraiment la mienne, je suis contente que quelqu’un le fasse pour moi. L’appli où tu rentres tous tes vinyles. Comme ça quand tu te retrouves à Williamsburg à dire « mais je l’ai déjà cette comédie musicale, attends, mince mince! ». T’ouvres ton appui et tu sais si tu l’as. Et t’évites d’amasser 18 versions d’une comédie musicale dont t’as déjà le tout premier vinyl sorti.

Entre nous, quel serait ton 11e commandement?

Garde bien les pieds sur terre.

Entre nous, pour toi, la nuit, est ce que tout est noir ou est-ce que tout est possible?

han, tout est possible!

Entre nous, une ville qui te ressemble?

Barcelone, La Havane, y en a plein des villes qui me ressemblent. Même Paris a fini par me ressembler. Cet espèce de truc dont on dit tous du mal quand on est dans le sud. Où c’est les gens qui n’ont pas de vie. Ou quand mes grand-mères me demandaient souvent: « Tu manges bien à Paris? »

Merci beaucoup.

Merci.

(MUSIQUE J’AIME PAS L’AMOUR).

Julia
Pas de commentaires
Laisser un commentaire :