Presse: Ladepeche.fr 27 Novembre 2016

Olivia Ruiz: «Je crois aux coups de foudre»

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Sur son 5e album, Olivia Ruiz se révèle tendre maman du petit Nino, clin d’œil à Nino Rota, le compositeur de Fellini. Mais le disque traversé d’histoires d’amour plus amères que douces fait du bruit avec ce refrain : «Je baise donc je suis.» . Mais «ça n’a rien de sexuel!», prévient l’artiste audoise de Paris…

La femme chocolat a mis du lait dans sa vie, et après un court-métrage et une chorégraphie chantée avec Jean-Claude Gallotta («Volver»), Olivia revient au disque.

«Je baise donc je suis», c’est venu comment ?

J’ai commencé par écrire les couplets où je décrivais une femme en souffrance qui supplie son homme de la regarder, de la considérer de nouveau, mais en arrivant au refrain, je ne me suis pas reconnue dans cette victime, je devais en faire aussi un personnage féministe et la phrase crue est venue, «Je baise donc je suis»., tout d’un coup elle était combative et correspondait mieux au personnage.

Y a-t-il une référence à «Déshabillez-moi» par Juliette Greco ?

Non, ce n’est pas le même sujet , même s’il y a de la sensualité dans les deux. Ma chanson n’a rien de sexuel, elle parle d’une douleur alors que «Déshabillez-moi» est une chanson sur l’art des préliminaires. Des chansons sur le sexe, il y en a des tonnes, et en particulier toutes celles que Gainsbourg a écrites pour Régine, dans les années 60, quand il lui fait dire «Ouvre la bouche, ferme les yeux, tu verras ça glissera mieux…».

Ce sont des personnages qui habitent vos chansons ?

Oui, et je tiens à ce que les gens se racontent leur propre histoire à partir de ce que je chante, je veux leur donner le plaisir de l’imagination.

Votre vie y aussi sa place, quand vous chantez pour votre fils Nino !

C’est une chanson au premier degré née d’une improvisation pour lui. Je lui chante à la fois mon adrénaline, mon bonheur tellement grand que je ne sais quoi en faire, et le désarroi, que connaissent toutes les mamans, pour faire stopper ses petites larmes.

Et pourquoi en espagnol, est-ce une langue plus caline ?

ça compte pour moi de transmettre la culture familiale. Lui parler et lui chanter en espagnol, comme mes parents le faisaient avec moi, c’est une façon d’accomplir mon devoir de mémoire. C’est aussi beaucoup plus facile de faire sonner l’espagnol, le français est plus raide. Mais je me bats pour continuer à écrire en français, l’exercice est d’autant plus passionnant.

On parle beaucoup d’une application «Tinder-Ruiz», ça marchera comment ?

En arrivant à mon concert, les gens se connecteront sur l’appli et ils pourront voter pour choisir des chansons et même nos tenues de scène, à moi et aux musiciens, ce sera rigolo depuis la loge de voir les votes, ça cassera la routine des tournées. Et ceux qui ont envie de faire une rencontre pourront utiliser la rubrique «tinder éphémère» parce que je crois aux coups de foudre amoureux et amicaux. La solitude est une réalité de notre époque, alors si j’ai une microscopique possibilité de la briser pour quelques personnes, je ne veux pas m’en priver.

Vous, la Parisienne de Marseillette, vous sentez-vous occitane ?

Toujours à 200 % ! Mon attachement fort à ma région se manifeste par des retours au sud dès que j’ai un peu de temps et par le harcèlement que je fais dans les bars pour qu’ils proposent du corbières ou du minervois ! J’envoie aussi tous les gens que je connais en vacances chez nous !

Olivia Ruiz « A nos corps aimants », disque Polydor. En concert le 26 janvier à Perpignan, le 27 à Béziers et le 9 février au Bikini de Ramonville.

Julia
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